mercredi 24 septembre 2008

Gisèle Vienne revient hanter la Fondation Cartier.

On avait bien frissonné devant l'inénarrable travail de Gisèle Vienne, "I Apologize" et "Une belle enfant blonde", présentés avec fracas en 2005 au festival d'Avignon puis au Théâtre de la Bastille à Paris. Cette jeune chorégraphe française vient des arts de la marionnette... Il y a même une école pour ça, c'est donc du sérieux.


J'avais vu "I Apologize" à l'époque. Et contrairement à Jean-Paul Gaultier qui assistait à la représentation deux rangs devant moi en compagnie d'une dame d'un certain âge - sa mère ? Sa première couturière ?, j'ai tenu jusqu'à la fin du spectacle sans me débiner. A la sortie, jambes coupées, zieux qui piquent, oreilles bouchées et cerveau confus. Heureusement que Dennis Cooper (l'auteur culte underground, à nouveau prétexte à la dernière création de Gisèle Vienne) tenait conférence avec le sourire pour alléger l'expérience. C'est marrant comme les artistes qui créent les trucs les plus glauques peuvent s'avérer de vrais gens cools et légers. D'où la légende qui assure que Mylène Farmer est en réalité une grosse bout-en-train. A la scène, on se crucifie à Bercy sous une pluie de sang devant 17 000 fans scarifiés en pleurs, mais à la ville attention les concours de vannes !

J'en retiens quoi de ce spectacle - à l'époque on ne peut plus controversé ? Un incroyable solo d'une danseuse nordique à talons hauts rouges, qui défiait les lois de l'apesanteur dans une chorégraphie directement inspirée du marionnetisme. Impressionnant. Mais plus fort encore, on y voyait le plus long baiser que j'aie jamais vu sur scène (en l'occurence, nous étions dans une sublime chapelle en plein Avignon: délectable contraste). Détail qui a fini de faire de moi un défenseur absolu de Gisèle Vienne : ce baiser finissait dans un bain de sang et de latex sur une bande-son à faire passer Justice pour du easy listening. Transgression, quand tu nous tiens...


Le 8 octobre, je courrai donc voir l'interprétation scènique du "Jerk" de Dennis Cooper, qui retrace l'histoire vraie d'un serial-killer avec le même danseur que dans la précédente production, Jonathan Capdevielle.

"Jerk", par Gisèle Vienne. 8-9 octobre, Fondation Cartier.

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